L'éducation de nos chiens guides d'aveugles

Nos futurs chiens-guides sont sélectionnés chez des éleveurs professionnels qui travaillent avec l’association, mais aussi chez des particuliers. Nous proposons des chiens de races variées et des croisements. La sélection se fait à partir de l’âge de huit/dix semaines. Il peut arriver qu'on nous propose aussi de jeunes adultes. Lorsqu'il arrive que nous manquions de chiens adultes en éducation, nous pouvons compter sur l'aide de la S P A de Vaux-le-Pénil ou d’autres associations de défense des animaux. Ce qui permet de donner une seconde chance à l'un de leurs pensionnaires. .

Nos chiots sont placés chez des familles d’accueil bénévoles qui ont pour rôle de les élever, de les éduquer et de les habituer à tous types d’environnements et à des situations, classiques ou atypiques, de la vie courante. C’est la phase de socialisation. C’est une mission très importante et décisive pour l'avenir du chien. En effet, c'est au cours de la première année qu'un chien acquiert toutes les connaissances qui en feront un être équilibré, confiant et serein. Un futur chien-guide doit être obéissant, sociable avec les gens, les enfants et les autres animaux. Il doit être à l’aise dans les transports en commun, les centres commerciaux, sur les escalators. Il doit être aussi confiant dans les villes animées que dans les rues calmes et isolées. Le futur chien-guide doit apprendre, dès son plus jeune âge, à faire ses besoins au caniveau, sur l'ordre de son maître, ce qui est obligatoire en ville. Toutes les familles d’accueil sont suivies et conseillées régulièrement par les éducateurs, afin de veiller à la bonne évolution du chiot. Les frais vétérinaires et de nourriture sont pris en charge par le C.I.E. 

Les chiens entrent en éducation entre 10 et 18 mois chez un éducateur. L’âge d’entrée du chien en éducation dépend de sa maturité et de la disponibilité des éducateurs qui prennent en charge 3 chiens chacun. 

  • D'une façon générale, à éviter les obstacles latéraux (poteaux), au sol (borne de stationnement), mi-hauteur (barrières) et en hauteur (volets, panneaux),
  • Le déplacement en ligne droite (traversée d'une place),
  •     Les directions : gauche, droite, demi-tour, devant,
  •     Les arrêts à la descente et à la remontée des trottoirs,
  •     Les évitements de personnes, et autres obstacles mobiles sur les trottoirs (vélos, trottinettes, poussettes et malheureusement, véhicules…)
  •     Les recherches utilitaires : passages piétons, arrêts de bus, entrées de métro, escaliers et escalators, portes, composteurs, guichets, caisses...

Un déficient visuel ne sait pas forcément pourquoi son chien s'arrête ou ralentit. Pire, lorsque des travaux ou une voiture bloque le trottoir le chien doit prendre l'initiative de descendre et de trouver le meilleur passage le ramenant vers le trottoir, ceci avec les seuls encouragements de son maître qui ne sait pas toujours où se trouve la solution. 

La plus classique est l’évitement. Le chien peut également ralentir (pour un passage étroit, un sol défectueux) ou s'arrêter. Il peut également se coucher devant le vide d'un quai notamment. 

En multipliant les situations et les configurations de terrain ; Il va travailler sur des parcours connus du chien puis progressivement, sur des parcours et dans des villes inconnues, de façon à ce qu’il « généralise » ses apprentissages, ses réflexes et ses initiatives. 

On récompense les bonnes actions (friandises, félicitations, caresses et jeux), on ignore et/ou on détourne les mauvaises actions pour apprendre au chien le comportement le mieux adapté et le plus gratifiant pour lui. Pour fixer des comportements très précis chez son élève, l’éducateur peut aussi employer le « Clicker Training » en fonction du chien et de ce qu’il cherche à lui inculquer comme mouvement ou initiative, par exemple, pointer la poignée d’une porte avec son museau ou poser sa tête sur un siège. 

On met le chien en situation de faute afin qu'il désobéisse, assurant ainsi la sécurité de son maître. Par exemple, on donne l'ordre d'avancer vers le vide d'un quai de métro, on ne s'arrête pas aux passages piétons, on avance face à un obstacle en insistant pour que le chien s’exécute. Ce dernier doit donc résister à son maître et désobéir à l'ordre d’avancer. En effet une personne déficiente visuelle ne peut anticiper les obstacles ou les situations dangereuses, et de ce fait, donner un ordre qui ne serait pas approprié à son chien. Ce dernier doit donc, en quelque sorte, désobéir pour assurer la sécurité de son maître. 



Pendant son apprentissage, le chien vit en permanence en famille, le soir et le week-end (chez les éducateurs ou chez des bénévoles), car : AU C I E, IL N’Y A PAS DE CHENIL. 

Nous formons nos équipes (déficient visuel et chien-guide) en fonction de divers critères liés aux chiens eux-mêmes, mais aussi et surtout aux personnes, à leur environnement, à leurs besoins, à leurs capacités et leur mode de déplacement.


Plusieurs séances de travail avec différents chiens peuvent être nécessaires afin de confirmer notre choix. Lorsque nous formons l’équipe, le chien est d’abord placé en séjour ou en week-end afin de faciliter l’adaptation et l’attachement. Puis l’éducateur se déplace une semaine au domicile de la personne pour le stage. Pendant cette semaine, l’éducateur va apprendre à la personne à connaître son chien, à le comprendre et à l’utiliser sur ses parcours habituels, afin de gagner en autonomie avec son nouvel équipier. Le but d'une remise est de donner à l'utilisateur tous les moyens techniques et réflexes qui lui permettront de se déplacer en toute sécurité. On considère qu'il faut six à huit mois au nouveau couple, ou équipe, pour acquérir une vraie complicité lors des déplacements. 

Après la remise, les éducateurs restent en contact régulier avec les équipes et se déplacent, dès que nécessaire, et à la demande. Durant toute sa vie de travail, le chien-guide reste la propriété du C I E. Lorsque l’heure de la retraite arrive il est proposé à l’adoption, soit chez son maître s’il le peut, ou bien à son entourage. Lorsque cela n’est pas possible, l’association se charge de trouver une famille d’adoption pour une retraite épanouie du chien.


Vous souhaitez adopter un chien retraité ? Cliquez ici !